"
Abattue, Fanny se prit la tête entre les mains.
Le combiné sonna.
- Allô ?
- C’est Elyas. J’arrive.
- Bien…
Fanny ferma les yeux et se laissa tomber sur sa couche
thermique.
Une heure après, Elyas était là.
- Tu te demande si tu fais le bon choix, murmura-t-il
Il puait le tabac et le cannabis. Dans sa main gauche, un
livre d’un auteur inconnu. Fanny discerna le titre : Le Maître du Haut Château... En s’approchant de plus près, elle pu sentir un infâme relent de whisky.
- Non. J’ai choisi, répondit-elle. Je voulais juste…je ne sais pas. Je suis un peu perdue.
- Tes amants ne te suffisent pas ?
Elyas avait dit ça d’un ton amer et s’apprêtait maintenant à
faire demi tour. Fanny ne bougea pas d’un pouce.
- Le passé est le passé, lança-t-elle soudain agacée.
- Alors que veux-tu ?
Fanny lui fit signe de s’asseoir à côté d’elle. L’amateur de
livres obtempéra et la fixa.
- J’ai peur, Elyas.
Il ne répondit pas. Il se contentait de fixer le sol.
- J’ai l’impression que…que tout ça, c’est de la poudre aux yeux.
Pas de réponse.
- Tes états d’âmes ne m’importent pas, dit-il
Fanny tira une cigarette de sa poche. Son prix était
supérieur à celui de l’or au kilo. Elyas continua.
- On aurait pu être heureux.
Fanny secoua la tête, lasse.
- Tu es pire que Covatzl. Tu cours après un rêve
poussiéreux et mort né.
En fait, elle n’aurait jamais dû l’appeler.
- Pardonne mes excès, souffla-t-il avant de l’embrasser.
Fanny mit un certain temps avant de l’écarter.
- Notre temps est mort, chuchota-elle..
Elyas se leva et la salua avant de partir."
Elie Maucourant, extrait de la ControlaCom in les Contes du Regret, 2008.
lundi 26 mai 2008
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