"Vienne a encore valsé. J’en ai eu la nausée. Je suis monté à Berlin.
Je dors dans un taudis. A côté de mon logis, deux drapeaux se regardent fixement. L’un est rouge sang. L’écarlate puissance de l’étendard est marquée de deux signes jaunes d’or. Ils sont la porte d’un univers promis et tranquille, un monde lointain et parfait. J’entends Schubert murmurer doucement entre les replis de tissu.
En face, un autre drapeau. Fort. Fier. Il hurle comme l’orage. Il me promet des choses. Je n’ai qu’à sortir dans la rue pour les vérifier. Il est presque arrogant. Rageur. Le velours tricolore rit. Il se moque des promesses futiles du rêveur écarlate. Il m’invite à le rejoindre. Lui n’a pas peur. Il me fait écouter des chœurs d’hommes virils et courageux, main sur la poignée de leurs épées.
J’ai faim et froid.
Je descends dans la rue pour les rencontrer. Ils sont l’incarnation des promesses du drapeau fier. Ils me donnent une pièce, du pain et un verre de bière. Puis ils enflamment Berlin de grands feux de joie. Les cris viennent jusqu’à ma fenêtre qui en devient aussi claire que du cristal."
dimanche 30 novembre 2008
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